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La  Sidra que nous avons lu hier matin, Miquets, commence par le rêve de Pharaon. Ce rêve qui sera interprété par Joseph et par lequel il sera élevé au rang de vice roi d’Egypte.
Ce n’était pas la première fois que Joseph interprétait un rêve. Lorsqu’il était en prison, accusé à tort par la femme de Putiphar, il avait déjà eu l’occasion d’interpréter des rêves.
Deux officiers de Pharaon se trouvaient également dans la même geôle que Joseph.  Voyant un matin leur visage défait, Joseph apprend que tous deux avaient fait un rêve qui les perturbait.
Joseph leur dit: N'est-ce pas à Dieu qu'appartiennent les explications? Racontez-moi donc votre songe.
Le chef des échansons raconta son songe à Joseph, et lui dit: Dans mon songe, voici, il y avait un cep devant moi.  Ce cep avait trois sarments. Quand il eut poussé, sa fleur se développa et ses grappes donnèrent des raisins mûrs.  La coupe de Pharaon était dans ma main. Je pris les raisins, je les pressai dans la coupe de Pharaon, et je mis la coupe dans la main de Pharaon.  Joseph lui dit: En voici l'explication. Les trois sarments sont trois jours.  Encore trois jours, et Pharaon relèvera ta tête et te rétablira dans ta charge; tu mettras la coupe dans la main de Pharaon, comme tu en avais l'habitude lorsque tu étais son échanson.
Le chef des panetiers, voyant que Joseph avait donné une explication favorable, dit: Voici, il y avait aussi, dans mon songe, trois corbeilles de pain blanc sur ma tête.  Dans la corbeille la plus élevée il y avait pour Pharaon des mets de toute espèce, cuits au four; et les oiseaux les mangeaient dans la corbeille au-dessus de ma tête.
Joseph répondit, et dit: En voici l'explication. Les trois corbeilles sont trois jours.
Encore trois jours, et Pharaon enlèvera ta tête de dessus toi, te fera pendre à un bois, et les oiseaux mangeront ta chair.
Le troisième jour, jour de la naissance de Pharaon, il fit un festin à tous ses serviteurs; et il éleva la tête du chef des échansons et la tête du chef des panetiers, au milieu de ses serviteurs: Il rétablit le chef des échansons dans sa charge d'échanson, pour qu'il mît la coupe dans la main de Pharaon;  mais il fit pendre le chef des panetiers, selon l'explication que Joseph leur avait donnée.
Nos commentateurs s’interrogent, comment Joseph a-t-il su que l’échanson retrouverait son poste alors que le panetier serait mis à mort ? Quel détail dans le rêve le mena à cette conclusion ?
Le Maguid de Doubno avec une de ses fameuses paraboles nous révèle ce qui pourrait être le détail que Joseph avait remarqué et qui lui avait permis d’en arriver à une interprétation parfaite des rêves.
Il y avait un artiste peintre qui avait tellement de talent qu’il pouvait peindre avec tant de réalisme que souvent il était impossible de remarquer qu’il s’agissait d’une toile. Un jour il peignit une scène qui montrait un homme se tenant debout dans un champ avec un panier de pain et de graines sur sa tête.
Il présenta ce tableau au roi qui fut tellement fière de cette acquisition qu’il offrit une récompense à celui qui pourrait trouver une erreur dans ce tableau. Le tableau était tellement réel que même les oiseaux s’en approchaient pour attraper une graine ou un morceau de pain.
Nombreux furent les prétendants à la récompense, mais aucun ne trouva d’erreur. Le tableau était trop parfait. Mais un homme sage s’approcha de la peinture, observa ce phénomène des oiseaux qui tentaient de picorer les graines qui se trouvaient dans le panier sur la tête de l’homme, et immédiatement découvrit un sérieux problème dans le réalisme de cette peinture, et il gagna la récompense.
Il fit simplement remarquer que si les oiseaux pouvaient s’approcher de la toile pour picorer, c’est qu’il y avait quelque chose de faux dans le dessin de l’homme sur la toile. Si les oiseaux avaient perçu l’homme comme vivant, jamais ils ne se seraient approchés de la toile pour picorer les graines. Quelque soit l’erreur dans le dessin, les oiseux ne considéraient pas l’homme vivant, et donc il n’était pas une menace.
Ainsi, Joseph également avait remarqué dans le rêve du panetier que les oiseaux mangeaient du panier, il était donc déjà considéré comme mort.
Par contre, l’échanson était actif dans son rêve. Il pressait le raisin, il servait le vin ; il était vivant.

Le panetier dans son rêve était confronté à des difficultés inhérentes à sa fonction. Il ne prit aucune mesure, il resta passif, il était déjà considéré comme mort. L’échanson n’acceptait pas la situation dans laquelle il se trouvait, et il voulait agir, retrouvait son poste ; il était vivant.

L’histoire de Hannouca que nous connaissons tous, commémore la victoire de Judah Maccabé sur les armées d’Antiochus. Les Juifs étaient sous domination grecques. La majorité de la population s’était déjà totalement hellénisée, assimilée, et le temple de Jérusalem profané.
Certes à Hannouca nous célébrons le miracle de la fiole d’huile qui a brûlé 8 jours au lieu d’un jour. Mais le plus grand miracle de cette fête, c’est celui de la victoire de la minorité, de quelques résistants contre les grandes armées grecques.
C’est le miracle de ce groupe d’hommes qui n’ont pas accepté la domination étrangère. Certes, ils auraient pu être fatalistes, ils auraient pu considérer l’impossibilité d’affronter un ennemi aussi redoutable, ils auraient pu baisser les bras, se résigner à leur sort et ne rien faire. Le véritable miracle de Hannouca, fut que ses hommes, malgré l’adversité prirent en main leur destin. C’est à ce moment que D’opéra le miracle, le plus grand des miracles, leur victoire contre l’ennemi, symbolisé par l’allumage de la Menora.
Face aux difficultés que la vie nous réserve, aux obstacles que nous avons constamment à surmonter, il revient à l’homme, à l’instar de l’échanson, de Judah Maccabé et contrairement à l’attitude du panetier, il lui convient de prendre son avenir en main et d’agir, d’œuvrer.
Je voudrai apporter, chers amis, mon soutien inconditionnel à notre Président Patrick Hirschhorn qui précisément, malgré les difficultés de la tâche, face au coût des travaux de rénovation de notre centre communautaire, a montré sa détermination inébranlable d’agir, d’agir pour nous, pour nos enfants, pour l’avenir de notre communauté.
Je reste persuadé que ses efforts seront couronnés de succès grâce au concours de chacun d’entre nous et des bénédictions du ciel.
Rappelez-vous, du miracle de ‘Hannouca que nous célébrons ce soir, 2500 ans après les faits, qui a été possible uniquement car à cette époque il y eut un homme qui avait une vision, il y eut un homme qui ne voulait pas renoncer à son héritage.
  
Discours de 'Hanouccah 5768

Rabbin Elie HAYOUN